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 Impermanence et temporalité

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shakhyam
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MessageSujet: Impermanence et temporalité   Mar 10 Mar - 15:52

"Tous les hommes sont aptes à appréhender la Réalité de bouddha. La progression de l'appréhension de l'Éveil n'est qu'une question de diligence ou d'indolence. Ce qui fait la différence entre diligence et indolence, c'est d'avoir ou non de la détermination. L'absence de détermination vient de ce qu'on ne pense pas à l'impermanence. On meurt pensée après pensée et cela ne s'arrête pas un moment. D'un bout à l'autre de votre existence ne laissez donc pas passer le temps en vain, même pour un moment."
Citation n° 1681 : Dogen , (1200-1253)
Source : Enseignements du maître zen Dôgen (Shôbôgenzô Zuimonki), Traduction de Kengan D. Robert, éditions Sully, 2001. 


Le texte souligné me semble être la clef  - par antiphrase - de la compréhension/réalisation de l'éveil des êtres sensibles dont la tendance naturelle, par crainte de l'inconnu, vise à la durée et la fixité. Cette réaction instinctive pour naturelle qu'elle soit n'en est pas moins dommageable en ce qu'elle occulte sciemment les modifications incessantes que chacun peut par ailleurs constater quotidiennement en les figeant dans une vérité paradigmatique. Cette fixité à la base de mythologies multiples et de religions supposées révélées ne permet pas par la force du dogme et la facilité grégaire, d’expérimenter  concrètement les multiples changements qui caractérisent l'esprit, la conscience, les relations mondaines et, par voie de contagion sémantique et pratique, voile l'impermanence.

Cependant, l'expérience, l'analyse, le simple bon sens et la pratique de zazen démontrent que tant la nature de la matière que la malléabilité de l'esprit sont avérées et qu'en conséquence leur apparition/disparition est la règle de base par laquelle la mort va pouvoir être abordée, sans crainte ni fantasme. EPICURE dans son Tétrapharmacon soutient "qu'il n'y a rien à craindre de la mort" dans la mesure où lorsqu'elle est là c'est nous qui n'y sommes pas et tant que nous y sommes c’est elle qui n’y est pas. Ce faisant il oppose dialectiquement deux états d'être que le bouddhisme récuse dans la mesure  où l'apparition/disparition par ailleurs assimilables dans le Shobogenzo à la non-naissance et à la non-mort ne sont aucunement une naissance radicalement nouvelle et la mort  une disparition totale et irrémédiable.

C'est la raison pour laquelle ce qui importe n'est certes pas de considérer "la mort pensée après pensée" - bien qu'elle garde toute sa pertinence - mais seulement de l’entendre en tant que perte d'une identité factice construite à partir et sur la fixité dénoncée plus haut que l'homme ordinaire nomme précisément naissance et mort.

Pour que le "système" fonctionne encore faut-il se demander à quelle image de soi cette représentation s'identifie t-elle ? Représente t-elle un stade évolutif supposé provenir d’une source transcendante ? Est-elle une manifestation magnifiée d’un antropomorphisme exacerbé ?

Les réponses sont multiples en fonction des « a-priori » vécus plus  ou moins consciemment mais résultent toutes d’une identification à une série de constructions mentales supposées rendre compte du Réel à partir des sensations/perceptions (skandas) qui deviennent alors des principes dans la mesure où elles conviennent à ceux qui les expriment. C’est seulement, lorsqu’expérimentalement, leur inefficacité est avérée, que se démontre « de facto » l’erreur de perspective dans laquelle elles nous conduisaient et impliquent d’en changer.

Le corps et l'esprit tant vantés par les philosophes cartésiens seraient-ils susceptibles d'erreur ? Oui s'ils sont conçus en tant qu'entités séparées, Non si leur unité est spécifiée par une pratique où en tant que tels il se fondent dans une fonctionnalité impersonnelle où les particularismes disparaissent pour laisser advenir le Réel que nous nommons : Nature propre.

Le pas est ainsi franchi. Jusqu'alors l'homme se concevait comme distinct, créé à l'image d'une entité toute puissante et doté d'un libre arbitre afin de ne pas occulter la perfection supposée de ladite entité. Ce qui précède tente de montrer les limites d'une telle conception séparative en ce qu'elle fige le Réel dans sa diversité - présentée comme création divine et transcendante - alors que, selon DOGEN, c'est la diversité du réel existant qui nous atteste par l'oubli de soi-même que préconise la voie du bouddha.

Ainsi le concept même de mort perd sa charge négative, dans la mesure où la personne en tant que personne isolée "disparait" pour se fondre dans une totalité que les physiciens quantiques nomment "vide quantique" et que j'assimile à notre Nature Propre . En fait ce vide est plein de potentialités à réaliser - à l'instar de la Nature Propre - à condition que la mort envisagée dans la phrase citée en début d'article soit comprise et admise pour ce qu'elle est, un renvoi à l'impermanence et à l'inter-dépendance liée à l'Usage que nous faisons de nos capacités humaines au sens de la lettre sur l'Humanisme de Martin HEIDEGGER et du Surhomme de Frédrich NIETZSCHE (Uber Mensch - au delà de l'Homme)

P.S. - Pour la bonne tenue de ce forum et le respect du à ses auteurs et participants, je souhaite que les "comiques" habituels - qui ne font rire qu'eux-mêmes - s'abstiennent de toute réponse et commentaire, quel qu'ils soient.

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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Mar 10 Mar - 18:13

Bonjour,

Juste une petite correction. C'est Friedrich Nietzsche, et non Frédrich Nietzsche. 
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shakhyam
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Mar 10 Mar - 18:25

Juste un merci tant il est vrai qu'il n'y a pas de faute sur les noms de famille ...

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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Mar 10 Mar - 19:23

Bah il y'a la façon correcte de l'écrire et la façon incorrecte, appelle cela comme tu veux.
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Mer 11 Mar - 5:10

excellente intervention de sakkyam qui explique clairement le pourquoi du comment du parce que !

les marioles de passage sur ce site nont qu a bien se tenir ...
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Mer 11 Mar - 14:18

excellente intervention de pat , les trop serieux de ce site n ont qu a bien se tenir...
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Mer 11 Mar - 21:42

je nai pas de probleme d ego, mon seul probleme c est darriver a devenir riche rapidement et j y travail...
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shakhyam
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Mer 11 Mar - 21:46

à ton ortaugraffe aussi ? ah ! super !

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esprit du debutant
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Mer 11 Mar - 23:16

impermanence et temporalité; 
être en désaccord c'est une chose et cela fait normalement avancer une discussion, mais l'impermanence c'est aussi avoir conscience qu'on enferme pas quelqu'un dans une représentation de ce qu'il serait! ainsi plutôt que de qualifier quelqu'un de noms d'oiseaux, il est préférable de qualifier les propos de celui-ci. pale
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 6:14

j'ai plus le temps de m'occuper des choses superflues comme lorthographe sinon j'aurais fait prof de francais au smic
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 6:21

les gars bq d'entre vous sont dans encore dans la matrix de vos propres fantaisies mentales d'un monde meilleur qui n'arrive jamais, il n'y a rien d'autre que le monde tel qu'il est en face de vos yeux, un monde gris, ennuyeux et duel qui ne peux s'illuminer que par la puissance de votre propre esprit et a travers la mise en place de projets concrets. Je suis un chercheur de la vie, la mort m'est bien egale, j'y entrerai debout et curieux si je peux sinon qu'elle aille se faire foutre...
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 6:38

vous en etes encore a faire des fixations sur le moi ou la persona, a nier ce que vous etes...il vous manque la lumiere, la comprehension profonde de la nature humaine que vous cherchez desesperement a fuir...vous n'etes pas prets a construire un monde meilleur, vous n'etes pas destiné a cela, d'autres plus avisés viendront un jour qui vous regardons comme des hommes prehistoriques et se souviendront des paroles de Nexus, en attendant je continues DE TESTER MES LIMITES !
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shakhyam
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 8:00

@esprit du debutant a écrit:
impermanence et temporalité; 
être en désaccord c'est une chose et cela fait normalement avancer une discussion, mais l'impermanence c'est aussi avoir conscience qu'on enferme pas quelqu'un dans une représentation de ce qu'il serait! ainsi plutôt que de qualifier quelqu'un de noms d'oiseaux, il est préférable de qualifier les propos de celui-ci. pale

Euuuuuuuuh ! ouai ! et tu nous proposes ? ....

Pour qu'un désaccord se transforme en discussion et que l'impermanence y trouve son comptant, encore faudrait-il répondre et argumenter aux objections qui te sont faites ! non ?

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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 10:02

Une nourriture providentielle cheers

Qui jusqu'à la plus profonde tristesse descend, 

Infinis occasions de voir.
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 10:09

Man Hou : Qu'est-ce ?

Blé du ciel, pain des anges.
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shakhyam
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 10:12



"Tous les hommes sont aptes à appréhender la Réalité de bouddha. La progression de l'appréhension de l'Éveil n'est qu'une question de diligence ou d'indolence. Ce qui fait la différence entre diligence et indolence, c'est d'avoir ou non de la détermination. L'absence de détermination vient de ce qu'on ne pense pas à l'impermanence. On meurt pensée après pensée et cela ne s'arrête pas un moment. D'un bout à l'autre de votre existence ne laissez donc pas passer le temps en vain, même pour un moment."
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Le texte souligné me semble être la clef  - par antiphrase - de la compréhension/réalisation de l'éveil des êtres sensibles dont la tendance naturelle, par crainte de l'inconnu, vise à la durée et la fixité. Cette réaction instinctive pour naturelle qu'elle soit n'en est pas moins dommageable en ce qu'elle occulte sciemment les modifications incessantes que chacun peut par ailleurs constater quotidiennement en les figeant dans une vérité paradigmatique. Cette fixité à la base de mythologies multiples et de religions supposées révélées ne permet pas par la force du dogme et la facilité grégaire, d’expérimenter  concrètement les multiples changements qui caractérisent l'esprit, la conscience, les relations mondaines et, par voie de contagion sémantique et pratique, voile l'impermanence.
Cependant, l'expérience, l'analyse, le simple bon sens et la pratique de zazen démontrent que tant la nature de la matière que la malléabilité de l'esprit sont avérées et qu'en conséquence leur apparition/disparition est la règle de base par laquelle la mort va pouvoir être abordée, sans crainte ni fantasme. EPICURE dans son Tétrapharmacon soutient "qu'il n'y a rien à craindre de la mort" dans la mesure où lorsqu'elle est là c'est nous qui n'y sommes pas et tant que nous y sommes c’est elle qui n’y est pas. Ce faisant il oppose dialectiquement deux états d'être que le bouddhisme récuse dans la mesure  où l'apparition/disparition par ailleurs assimilables dans le Shobogenzo à la non-naissance et à la non-mort ne sont aucunement une naissance radicalement nouvelle et la mort  une disparition totale et irrémédiable.

C'est la raison pour laquelle ce qui importe n'est certes pas de considérer "la mort pensée après pensée" - bien qu'elle garde toute sa pertinence - mais seulement de l’entendre en tant que perte d'une identité factice construite à partir et sur la fixité dénoncée plus haut que l'homme ordinaire nomme précisément naissance et mort.

Pour que le "système" fonctionne encore faut-il se demander à quelle image de soi cette représentation s'identifie t-elle ? Représente t-elle un stade évolutif supposé provenir d’une source transcendante ? Est-elle une manifestation magnifiée d’un antropomorphisme exacerbé ?

Les réponses sont multiples en fonction des « a-priori » vécus plus  ou moins consciemment mais résultent toutes d’une identification à une série de constructions mentales supposées rendre compte du Réel à partir des sensations/perceptions (skandas) qui deviennent alors des principes dans la mesure où elles conviennent à ceux qui les expriment. C’est seulement, lorsqu’expérimentalement, leur inefficacité est avérée, que se démontre « de facto » l’erreur de perspective dans laquelle elles nous conduisaient et impliquent d’en changer.

Le corps et l'esprit tant vantés par les philosophes cartésiens seraient-ils susceptibles d'erreur ? Oui s'ils sont conçus en tant qu'entités séparées, Non si leur unité est spécifiée par une pratique où en tant que tels il se fondent dans une fonctionnalité impersonnelle où les particularismes disparaissent pour laisser advenir le Réel que nous nommons : Nature propre.

Le pas est ainsi franchi. Jusqu'alors l'homme se concevait comme distinct, créé à l'image d'une entité toute puissante et doté d'un libre arbitre afin de ne pas occulter la perfection supposée de ladite entité. Ce qui précède tente de montrer les limites d'une telle conception séparative en ce qu'elle fige le Réel dans sa diversité - présentée comme création divine et transcendante - alors que, selon DOGEN, c'est la diversité du réel existant qui nous atteste par l'oubli de soi-même que préconise la voie du bouddha.

Ainsi le concept même de mort perd sa charge négative, dans la mesure où la personne en tant que personne isolée "disparait" pour se fondre dans une totalité que les physiciens quantiques nomment "vide quantique" et que j'assimile à notre Nature Propre . En fait ce vide est plein de potentialités à réaliser - à l'instar de la Nature Propre - à condition que la mort envisagée dans la phrase citée en début d'article soit comprise et admise pour ce qu'elle est, un renvoi à l'impermanence et à l'inter-dépendance liée à l'Usage que nous faisons de nos capacités humaines au sens de la lettre sur l'Humanisme de Martin HEIDEGGER et du Surhomme de Frédrich NIETZSCHE (Uber Mensch - au delà de l'Homme)

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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 10:44





"Tous les hommes sont aptes à appréhender la Réalité de bouddha. La progression de l'appréhension de l'Éveil n'est qu'une question de diligence ou d'indolence. Ce qui fait la différence entre diligence et indolence, c'est d'avoir ou non de la détermination. L'absence de détermination vient de ce qu'on ne pense pas à l'impermanence. On meurt pensée après pensée et cela ne s'arrête pas un moment. D'un bout à l'autre de votre existence ne laissez donc pas passer le temps en vain, même pour un moment."
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Le corps et l'esprit tant vantés par les philosophes cartésiens seraient-ils susceptibles d'erreur ? Oui s'ils sont conçus en tant qu'entités séparées, Non si leur unité est spécifiée par une pratique où en tant que tels il se fondent dans une fonctionnalité impersonnelle où les particularismes disparaissent pour laisser advenir le Réel que nous nommons : Nature propre.

Le pas est ainsi franchi. Jusqu'alors l'homme se concevait comme distinct, créé à l'image d'une entité toute puissante et doté d'un libre arbitre afin de ne pas occulter la perfection supposée de ladite entité. Ce qui précède tente de montrer les limites d'une telle conception séparative en ce qu'elle fige le Réel dans sa diversité - présentée comme création divine et transcendante - alors que, selon DOGEN, c'est la diversité du réel existant qui nous atteste par l'oubli de soi-même que préconise la voie du bouddha.

Ainsi le concept même de mort perd sa charge négative, dans la mesure où la personne en tant que personne isolée "disparait" pour se fondre dans une totalité que les physiciens quantiques nomment "vide quantique" et que j'assimile à notre Nature Propre . En fait ce vide est plein de potentialités à réaliser - à l'instar de la Nature Propre - à condition que la mort envisagée dans la phrase citée en début d'article soit comprise et admise pour ce qu'elle est, un renvoi à l'impermanence et à l'inter-dépendance liée à l'Usage que nous faisons de nos capacités humaines au sens de la lettre sur l'Humanisme de Martin HEIDEGGER et du Surhomme de Frédrich NIETZSCHE (Uber Mensch - au delà de l'Homme)

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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 11:22

La mort donne la parole qui est transcendance. Ce qu’elle produit comme sensation, comme interrogation est le motif vital du maître et de l’esclave, l’échange alternatif des chaînes dont l’un se libère pour en habiller l’autre.
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Impermanence et temporalité
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