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Forum de discussion sur le bouddhisme zen soto et la spiritualité en général

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 Impermanence et temporalité

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shakhyam
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MessageSujet: Impermanence et temporalité   Mar 10 Mar - 15:52

Rappel du premier message :

"Tous les hommes sont aptes à appréhender la Réalité de bouddha. La progression de l'appréhension de l'Éveil n'est qu'une question de diligence ou d'indolence. Ce qui fait la différence entre diligence et indolence, c'est d'avoir ou non de la détermination. L'absence de détermination vient de ce qu'on ne pense pas à l'impermanence. On meurt pensée après pensée et cela ne s'arrête pas un moment. D'un bout à l'autre de votre existence ne laissez donc pas passer le temps en vain, même pour un moment."
Citation n° 1681 : Dogen , (1200-1253)
Source : Enseignements du maître zen Dôgen (Shôbôgenzô Zuimonki), Traduction de Kengan D. Robert, éditions Sully, 2001. 


Le texte souligné me semble être la clef  - par antiphrase - de la compréhension/réalisation de l'éveil des êtres sensibles dont la tendance naturelle, par crainte de l'inconnu, vise à la durée et la fixité. Cette réaction instinctive pour naturelle qu'elle soit n'en est pas moins dommageable en ce qu'elle occulte sciemment les modifications incessantes que chacun peut par ailleurs constater quotidiennement en les figeant dans une vérité paradigmatique. Cette fixité à la base de mythologies multiples et de religions supposées révélées ne permet pas par la force du dogme et la facilité grégaire, d’expérimenter  concrètement les multiples changements qui caractérisent l'esprit, la conscience, les relations mondaines et, par voie de contagion sémantique et pratique, voile l'impermanence.

Cependant, l'expérience, l'analyse, le simple bon sens et la pratique de zazen démontrent que tant la nature de la matière que la malléabilité de l'esprit sont avérées et qu'en conséquence leur apparition/disparition est la règle de base par laquelle la mort va pouvoir être abordée, sans crainte ni fantasme. EPICURE dans son Tétrapharmacon soutient "qu'il n'y a rien à craindre de la mort" dans la mesure où lorsqu'elle est là c'est nous qui n'y sommes pas et tant que nous y sommes c’est elle qui n’y est pas. Ce faisant il oppose dialectiquement deux états d'être que le bouddhisme récuse dans la mesure  où l'apparition/disparition par ailleurs assimilables dans le Shobogenzo à la non-naissance et à la non-mort ne sont aucunement une naissance radicalement nouvelle et la mort  une disparition totale et irrémédiable.

C'est la raison pour laquelle ce qui importe n'est certes pas de considérer "la mort pensée après pensée" - bien qu'elle garde toute sa pertinence - mais seulement de l’entendre en tant que perte d'une identité factice construite à partir et sur la fixité dénoncée plus haut que l'homme ordinaire nomme précisément naissance et mort.

Pour que le "système" fonctionne encore faut-il se demander à quelle image de soi cette représentation s'identifie t-elle ? Représente t-elle un stade évolutif supposé provenir d’une source transcendante ? Est-elle une manifestation magnifiée d’un antropomorphisme exacerbé ?

Les réponses sont multiples en fonction des « a-priori » vécus plus  ou moins consciemment mais résultent toutes d’une identification à une série de constructions mentales supposées rendre compte du Réel à partir des sensations/perceptions (skandas) qui deviennent alors des principes dans la mesure où elles conviennent à ceux qui les expriment. C’est seulement, lorsqu’expérimentalement, leur inefficacité est avérée, que se démontre « de facto » l’erreur de perspective dans laquelle elles nous conduisaient et impliquent d’en changer.

Le corps et l'esprit tant vantés par les philosophes cartésiens seraient-ils susceptibles d'erreur ? Oui s'ils sont conçus en tant qu'entités séparées, Non si leur unité est spécifiée par une pratique où en tant que tels il se fondent dans une fonctionnalité impersonnelle où les particularismes disparaissent pour laisser advenir le Réel que nous nommons : Nature propre.

Le pas est ainsi franchi. Jusqu'alors l'homme se concevait comme distinct, créé à l'image d'une entité toute puissante et doté d'un libre arbitre afin de ne pas occulter la perfection supposée de ladite entité. Ce qui précède tente de montrer les limites d'une telle conception séparative en ce qu'elle fige le Réel dans sa diversité - présentée comme création divine et transcendante - alors que, selon DOGEN, c'est la diversité du réel existant qui nous atteste par l'oubli de soi-même que préconise la voie du bouddha.

Ainsi le concept même de mort perd sa charge négative, dans la mesure où la personne en tant que personne isolée "disparait" pour se fondre dans une totalité que les physiciens quantiques nomment "vide quantique" et que j'assimile à notre Nature Propre . En fait ce vide est plein de potentialités à réaliser - à l'instar de la Nature Propre - à condition que la mort envisagée dans la phrase citée en début d'article soit comprise et admise pour ce qu'elle est, un renvoi à l'impermanence et à l'inter-dépendance liée à l'Usage que nous faisons de nos capacités humaines au sens de la lettre sur l'Humanisme de Martin HEIDEGGER et du Surhomme de Frédrich NIETZSCHE (Uber Mensch - au delà de l'Homme)

P.S. - Pour la bonne tenue de ce forum et le respect du à ses auteurs et participants, je souhaite que les "comiques" habituels - qui ne font rire qu'eux-mêmes - s'abstiennent de toute réponse et commentaire, quel qu'ils soient.

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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 11:32

Au la ?
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 11:46

"Tous les hommes sont aptes à appréhender la Réalité de bouddha. La progression de l'appréhension de l'Éveil n'est qu'une question de diligence ou d'indolence. Ce qui fait la différence entre diligence et indolence, c'est d'avoir ou non de la détermination. L'absence de détermination vient de ce qu'on ne pense pas à l'impermanence. On meurt pensée après pensée et cela ne s'arrête pas un moment. D'un bout à l'autre de votre existence ne laissez donc pas passer le temps en vain, même pour un moment."
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Cependant, l'expérience, l'analyse, le simple bon sens et la pratique de zazen démontrent que tant la nature de la matière que la malléabilité de l'esprit sont avérées et qu'en conséquence leur apparition/disparition est la règle de base par laquelle la mort va pouvoir être abordée, sans crainte ni fantasme. EPICURE dans son Tétrapharmacon soutient "qu'il n'y a rien à craindre de la mort" dans la mesure où lorsqu'elle est là c'est nous qui n'y sommes pas et tant que nous y sommes c’est elle qui n’y est pas. Ce faisant il oppose dialectiquement deux états d'être que le bouddhisme récuse dans la mesure  où l'apparition/disparition par ailleurs assimilables dans le Shobogenzo à la non-naissance et à la non-mort ne sont aucunement une naissance radicalement nouvelle et la mort  une disparition totale et irrémédiable.

C'est la raison pour laquelle ce qui importe n'est certes pas de considérer "la mort pensée après pensée" - bien qu'elle garde toute sa pertinence - mais seulement de l’entendre en tant que perte d'une identité factice construite à partir et sur la fixité dénoncée plus haut que l'homme ordinaire nomme précisément naissance et mort.

Pour que le "système" fonctionne encore faut-il se demander à quelle image de soi cette représentation s'identifie t-elle ? Représente t-elle un stade évolutif supposé provenir d’une source transcendante ? Est-elle une manifestation magnifiée d’un antropomorphisme exacerbé ?

Les réponses sont multiples en fonction des « a-priori » vécus plus  ou moins consciemment mais résultent toutes d’une identification à une série de constructions mentales supposées rendre compte du Réel à partir des sensations/perceptions (skandas) qui deviennent alors des principes dans la mesure où elles conviennent à ceux qui les expriment. C’est seulement, lorsqu’expérimentalement, leur inefficacité est avérée, que se démontre « de facto » l’erreur de perspective dans laquelle elles nous conduisaient et impliquent d’en changer.

Le corps et l'esprit tant vantés par les philosophes cartésiens seraient-ils susceptibles d'erreur ? Oui s'ils sont conçus en tant qu'entités séparées, Non si leur unité est spécifiée par une pratique où en tant que tels il se fondent dans une fonctionnalité impersonnelle où les particularismes disparaissent pour laisser advenir le Réel que nous nommons : Nature propre.

Le pas est ainsi franchi. Jusqu'alors l'homme se concevait comme distinct, créé à l'image d'une entité toute puissante et doté d'un libre arbitre afin de ne pas occulter la perfection supposée de ladite entité. Ce qui précède tente de montrer les limites d'une telle conception séparative en ce qu'elle fige le Réel dans sa diversité - présentée comme création divine et transcendante - alors que, selon DOGEN, c'est la diversité du réel existant qui nous atteste par l'oubli de soi-même que préconise la voie du bouddha.

Ainsi le concept même de mort perd sa charge négative, dans la mesure où la personne en tant que personne isolée "disparait" pour se fondre dans une totalité que les physiciens quantiques nomment "vide quantique" et que j'assimile à notre Nature Propre . En fait ce vide est plein de potentialités à réaliser - à l'instar de la Nature Propre - à condition que la mort envisagée dans la phrase citée en début d'article soit comprise et admise pour ce qu'elle est, un renvoi à l'impermanence et à l'inter-dépendance liée à l'Usage que nous faisons de nos capacités humaines au sens de la lettre sur l'Humanisme de Martin HEIDEGGER et du Surhomme de Frédrich NIETZSCHE (Uber Mensch - au delà de l'Homme)

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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 11:57

"Tous les hommes sont aptes à appréhender la Réalité de bouddha. La progression de l'appréhension de l'Éveil n'est qu'une question de diligence ou d'indolence. Ce qui fait la différence entre diligence et indolence, c'est d'avoir ou non de la détermination. L'absence de détermination vient de ce qu'on ne pense pas à l'impermanence. On meurt pensée après pensée et cela ne s'arrête pas un moment. D'un bout à l'autre de votre existence ne laissez donc pas passer le temps en vain, même pour un moment."
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Cependant, l'expérience, l'analyse, le simple bon sens et la pratique de zazen démontrent que tant la nature de la matière que la malléabilité de l'esprit sont avérées et qu'en conséquence leur apparition/disparition est la règle de base par laquelle la mort va pouvoir être abordée, sans crainte ni fantasme. EPICURE dans son Tétrapharmacon soutient "qu'il n'y a rien à craindre de la mort" dans la mesure où lorsqu'elle est là c'est nous qui n'y sommes pas et tant que nous y sommes c’est elle qui n’y est pas. Ce faisant il oppose dialectiquement deux états d'être que le bouddhisme récuse dans la mesure  où l'apparition/disparition par ailleurs assimilables dans le Shobogenzo à la non-naissance et à la non-mort ne sont aucunement une naissance radicalement nouvelle et la mort  une disparition totale et irrémédiable.

C'est la raison pour laquelle ce qui importe n'est certes pas de considérer "la mort pensée après pensée" - bien qu'elle garde toute sa pertinence - mais seulement de l’entendre en tant que perte d'une identité factice construite à partir et sur la fixité dénoncée plus haut que l'homme ordinaire nomme précisément naissance et mort.

Pour que le "système" fonctionne encore faut-il se demander à quelle image de soi cette représentation s'identifie t-elle ? Représente t-elle un stade évolutif supposé provenir d’une source transcendante ? Est-elle une manifestation magnifiée d’un antropomorphisme exacerbé ?

Les réponses sont multiples en fonction des « a-priori » vécus plus  ou moins consciemment mais résultent toutes d’une identification à une série de constructions mentales supposées rendre compte du Réel à partir des sensations/perceptions (skandas) qui deviennent alors des principes dans la mesure où elles conviennent à ceux qui les expriment. C’est seulement, lorsqu’expérimentalement, leur inefficacité est avérée, que se démontre « de facto » l’erreur de perspective dans laquelle elles nous conduisaient et impliquent d’en changer.

Le corps et l'esprit tant vantés par les philosophes cartésiens seraient-ils susceptibles d'erreur ? Oui s'ils sont conçus en tant qu'entités séparées, Non si leur unité est spécifiée par une pratique où en tant que tels il se fondent dans une fonctionnalité impersonnelle où les particularismes disparaissent pour laisser advenir le Réel que nous nommons : Nature propre.

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Ainsi le concept même de mort perd sa charge négative, dans la mesure où la personne en tant que personne isolée "disparait" pour se fondre dans une totalité que les physiciens quantiques nomment "vide quantique" et que j'assimile à notre Nature Propre . En fait ce vide est plein de potentialités à réaliser - à l'instar de la Nature Propre - à condition que la mort envisagée dans la phrase citée en début d'article soit comprise et admise pour ce qu'elle est, un renvoi à l'impermanence et à l'inter-dépendance liée à l'Usage que nous faisons de nos capacités humaines au sens de la lettre sur l'Humanisme de Martin HEIDEGGER et du Surhomme de Frédrich NIETZSCHE (Uber Mensch - au delà de l'Homme)

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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 13:41

Il y'a bien effectivement un lien avec la formation de l'individu, de l'égo dans cette peur propre à la mort je pense.
En perdant petit à petit de sa propre importance personnelle avec le temps, l'idée de disparaître de la surface de la terre devient de moins en moins un problème. C'est un peu comme si une eau pleine de terre dans un verre immobile, était terrifiée à l'idée de devenir translucide parce qu'elle serait dans l'incapacité de se projeter dans cet état là. Mais en réalité avec le temps, la terre se repose doucement et progressivement au fond du verre et plus l'eau se rapproche de l'état translucide moins cet état de parfaite translucidité lui semble étranger.
En d'autres termes, moins la personne se sent personne et plus elle perd de sa densité, de ce fait l'idée d'une dissolution complète s'avère de moins en moins effrayante, de plus en plus naturelle.
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shakhyam
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 14:04

Tous les hommes sont aptes à appréhender la Réalité de bouddha. La progression de l'appréhension de l'Éveil n'est qu'une question de diligence ou d'indolence. Ce qui fait la différence entre diligence et indolence, c'est d'avoir ou non de la détermination. L'absence de détermination vient de ce qu'on ne pense pas à l'impermanence. On meurt pensée après pensée et cela ne s'arrête pas un moment. D'un bout à l'autre de votre existence ne laissez donc pas passer le temps en vain, même pour un moment."
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C'est la raison pour laquelle ce qui importe n'est certes pas de considérer "la mort pensée après pensée" - bien qu'elle garde toute sa pertinence - mais seulement de l’entendre en tant que perte d'une identité factice construite à partir et sur la fixité dénoncée plus haut que l'homme ordinaire nomme précisément naissance et mort.

Pour que le "système" fonctionne encore faut-il se demander à quelle image de soi cette représentation s'identifie t-elle ? Représente t-elle un stade évolutif supposé provenir d’une source transcendante ? Est-elle une manifestation magnifiée d’un antropomorphisme exacerbé ?

Les réponses sont multiples en fonction des « a-priori » vécus plus  ou moins consciemment mais résultent toutes d’une identification à une série de constructions mentales supposées rendre compte du Réel à partir des sensations/perceptions (skandas) qui deviennent alors des principes dans la mesure où elles conviennent à ceux qui les expriment. C’est seulement, lorsqu’expérimentalement, leur inefficacité est avérée, que se démontre « de facto » l’erreur de perspective dans laquelle elles nous conduisaient et impliquent d’en changer.

Le corps et l'esprit tant vantés par les philosophes cartésiens seraient-ils susceptibles d'erreur ? Oui s'ils sont conçus en tant qu'entités séparées, Non si leur unité est spécifiée par une pratique où en tant que tels il se fondent dans une fonctionnalité impersonnelle où les particularismes disparaissent pour laisser advenir le Réel que nous nommons : Nature propre.

Le pas est ainsi franchi. Jusqu'alors l'homme se concevait comme distinct, créé à l'image d'une entité toute puissante et doté d'un libre arbitre afin de ne pas occulter la perfection supposée de ladite entité. Ce qui précède tente de montrer les limites d'une telle conception séparative en ce qu'elle fige le Réel dans sa diversité - présentée comme création divine et transcendante - alors que, selon DOGEN, c'est la diversité du réel existant qui nous atteste par l'oubli de soi-même que préconise la voie du bouddha.

Ainsi le concept même de mort perd sa charge négative, dans la mesure où la personne en tant que personne isolée "disparait" pour se fondre dans une totalité que les physiciens quantiques nomment "vide quantique" et que j'assimile à notre Nature Propre . En fait ce vide est plein de potentialités à réaliser - à l'instar de la Nature Propre - à condition que la mort envisagée dans la phrase citée en début d'article soit comprise et admise pour ce qu'elle est, un renvoi à l'impermanence et à l'inter-dépendance liée à l'Usage que nous faisons de nos capacités humaines au sens de la lettre sur l'Humanisme de Martin HEIDEGGER et du Surhomme de Frédrich NIETZSCHE (Uber Mensch - au delà de l'Homme)

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"Tous les hommes sont aptes à appréhender la Réalité de bouddha. La progression de l'appréhension de l'Éveil n'est qu'une question de diligence ou d'indolence. Ce qui fait la différence entre diligence et indolence, c'est d'avoir ou non de la détermination. L'absence de détermination vient de ce qu'on ne pense pas à l'impermanence. On meurt pensée après pensée et cela ne s'arrête pas un moment. D'un bout à l'autre de votre existence ne laissez donc pas passer le temps en vain, même pour un moment."
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Le corps et l'esprit tant vantés par les philosophes cartésiens seraient-ils susceptibles d'erreur ? Oui s'ils sont conçus en tant qu'entités séparées, Non si leur unité est spécifiée par une pratique où en tant que tels il se fondent dans une fonctionnalité impersonnelle où les particularismes disparaissent pour laisser advenir le Réel que nous nommons : Nature propre.

Le pas est ainsi franchi. Jusqu'alors l'homme se concevait comme distinct, créé à l'image d'une entité toute puissante et doté d'un libre arbitre afin de ne pas occulter la perfection supposée de ladite entité. Ce qui précède tente de montrer les limites d'une telle conception séparative en ce qu'elle fige le Réel dans sa diversité - présentée comme création divine et transcendante - alors que, selon DOGEN, c'est la diversité du réel existant qui nous atteste par l'oubli de soi-même que préconise la voie du bouddha.

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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 15:15

franchement j espere qu aucun d entre vous ne croit serieusement quil est eveille ou alors c est que l eveil est un attrape couillons de plus. Pour l instant je nai vu que des humains, faibles humains en fait qui radotent les propos d un indien va nues pieds vieux de 2000 Ans...cela prouve a quel point vous etes encore immature, a quel point vous etre attrape comme des mouches dans un susteme de pensee archaique, has been et surtout cela demontre a quel point vois avez encore le besoin d ete guide par la main comme des enfants. SI c est ca le zen alors je ne vois qu une chose c est que le zen ne me merite pas...au lieu d essayer dapprehnder la realite du bouddha il serait presque preferable dapprehender la realite du marche financier, c est surtout pour dire a quel point la plupart d entre vous sont  vraiment hors sujet et incapable d accepter la seule verite du Zen a savoir manger quand il faut manger et dormir quand il faut dormir
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shakhyam
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 15:32

"Tous les hommes sont aptes à appréhender la Réalité de bouddha. La progression de l'appréhension de l'Éveil n'est qu'une question de diligence ou d'indolence. Ce qui fait la différence entre diligence et indolence, c'est d'avoir ou non de la détermination. L'absence de détermination vient de ce qu'on ne pense pas à l'impermanence. On meurt pensée après pensée et cela ne s'arrête pas un moment. D'un bout à l'autre de votre existence ne laissez donc pas passer le temps en vain, même pour un moment."
Citation n° 1681 : Dogen , (1200-1253)
Source : Enseignements du maître zen Dôgen (Shôbôgenzô Zuimonki), Traduction de Kengan D. Robert, éditions Sully, 2001. 


Le texte souligné me semble être la clef  - par antiphrase - de la compréhension/réalisation de l'éveil des êtres sensibles dont la tendance naturelle, par crainte de l'inconnu, vise à la durée et la fixité. Cette réaction instinctive pour naturelle qu'elle soit n'en est pas moins dommageable en ce qu'elle occulte sciemment les modifications incessantes que chacun peut par ailleurs constater quotidiennement en les figeant dans une vérité paradigmatique. Cette fixité à la base de mythologies multiples et de religions supposées révélées ne permet pas par la force du dogme et la facilité grégaire, d’expérimenter  concrètement les multiples changements qui caractérisent l'esprit, la conscience, les relations mondaines et, par voie de contagion sémantique et pratique, voile l'impermanence.
Cependant, l'expérience, l'analyse, le simple bon sens et la pratique de zazen démontrent que tant la nature de la matière que la malléabilité de l'esprit sont avérées et qu'en conséquence leur apparition/disparition est la règle de base par laquelle la mort va pouvoir être abordée, sans crainte ni fantasme. EPICURE dans son Tétrapharmacon soutient "qu'il n'y a rien à craindre de la mort" dans la mesure où lorsqu'elle est là c'est nous qui n'y sommes pas et tant que nous y sommes c’est elle qui n’y est pas. Ce faisant il oppose dialectiquement deux états d'être que le bouddhisme récuse dans la mesure  où l'apparition/disparition par ailleurs assimilables dans le Shobogenzo à la non-naissance et à la non-mort ne sont aucunement une naissance radicalement nouvelle et la mort  une disparition totale et irrémédiable.

C'est la raison pour laquelle ce qui importe n'est certes pas de considérer "la mort pensée après pensée" - bien qu'elle garde toute sa pertinence - mais seulement de l’entendre en tant que perte d'une identité factice construite à partir et sur la fixité dénoncée plus haut que l'homme ordinaire nomme précisément naissance et mort.

Pour que le "système" fonctionne encore faut-il se demander à quelle image de soi cette représentation s'identifie t-elle ? Représente t-elle un stade évolutif supposé provenir d’une source transcendante ? Est-elle une manifestation magnifiée d’un antropomorphisme exacerbé ?

Les réponses sont multiples en fonction des « a-priori » vécus plus  ou moins consciemment mais résultent toutes d’une identification à une série de constructions mentales supposées rendre compte du Réel à partir des sensations/perceptions (skandas) qui deviennent alors des principes dans la mesure où elles conviennent à ceux qui les expriment. C’est seulement, lorsqu’expérimentalement, leur inefficacité est avérée, que se démontre « de facto » l’erreur de perspective dans laquelle elles nous conduisaient et impliquent d’en changer.

Le corps et l'esprit tant vantés par les philosophes cartésiens seraient-ils susceptibles d'erreur ? Oui s'ils sont conçus en tant qu'entités séparées, Non si leur unité est spécifiée par une pratique où en tant que tels il se fondent dans une fonctionnalité impersonnelle où les particularismes disparaissent pour laisser advenir le Réel que nous nommons : Nature propre.

Le pas est ainsi franchi. Jusqu'alors l'homme se concevait comme distinct, créé à l'image d'une entité toute puissante et doté d'un libre arbitre afin de ne pas occulter la perfection supposée de ladite entité. Ce qui précède tente de montrer les limites d'une telle conception séparative en ce qu'elle fige le Réel dans sa diversité - présentée comme création divine et transcendante - alors que, selon DOGEN, c'est la diversité du réel existant qui nous atteste par l'oubli de soi-même que préconise la voie du bouddha.

Ainsi le concept même de mort perd sa charge négative, dans la mesure où la personne en tant que personne isolée "disparait" pour se fondre dans une totalité que les physiciens quantiques nomment "vide quantique" et que j'assimile à notre Nature Propre . En fait ce vide est plein de potentialités à réaliser - à l'instar de la Nature Propre - à condition que la mort envisagée dans la phrase citée en début d'article soit comprise et admise pour ce qu'elle est, un renvoi à l'impermanence et à l'inter-dépendance liée à l'Usage que nous faisons de nos capacités humaines au sens de la lettre sur l'Humanisme de Martin HEIDEGGER et du Surhomme de Frédrich NIETZSCHE (Uber Mensch - au delà de l'Homme)

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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 16:52

Moi il m'est arrivé à peu près 2500 fois de me croire éveillée dans ma vie. Là c'est la 2501 ème fois Smile
Peut-être que lorsque je serai arrivée à 10 000 fois quelque chose changera vraiment dans ma vie.
Un vieux gars à savates disait à ce propos que le plus difficile n'était pas de s'éveiller mais de se débarrasser de l'éveil. Je pense que lorsque je serai vraiment libre, les forums ne seront plus si importants pour moi.
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 17:00

Mais si je suis encore ici, c'est que j'ai encore quelque chose à y faire...Chi va piano va sano e va lontano.
Il faut pas surcharger la bête.
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 17:34

savez vous au moins pourquoi vous etes la ? vous devriez mediter la dessus...
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 17:56

Parce que je trouve cet endroit rassurant, parce que c'est un passe temps, parce que depuis le temps que je suis sur les fofo je connais la musique et je m'y suis fait ma place.
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 18:56

Comprendre que tu ne pourras jamais etre vraiment libre serait un bon debut, ca teviterai de perdre du temps, quand a sakkyam il pourrait comprendre qu il ne será jamais vraiment sage et que les gens vraiment libre ou sage n existe que Dans les films
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 18:57

C est rassurant de ne plus porter comme un Ane la sagesse sur son dos...
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 22:22

Jamais vraiment libre, jamais vraiment emprisonnée ...Laughing
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 22:25

NEXUS a écrit:
C est rassurant de ne plus porter comme un Ane la sagesse sur son dos...

C'est la faute de Sem, il m'a traitée de sage...Laughing
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 22:37

Tu vas photographier quoi avec ?
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 22:49

Ben ce soir je ne sais plus grand chose...
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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Jeu 12 Mar - 22:58

Bon c'est vrai que c'est à moi de deviner...
Alors je dirais une araignée.

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MessageSujet: Re: Impermanence et temporalité   Ven 13 Mar - 9:22



"Tous les hommes sont aptes à appréhender la Réalité de bouddha. La progression de l'appréhension de l'Éveil n'est qu'une question de diligence ou d'indolence. Ce qui fait la différence entre diligence et indolence, c'est d'avoir ou non de la détermination. L'absence de détermination vient de ce qu'on ne pense pas à l'impermanence. On meurt pensée après pensée et cela ne s'arrête pas un moment. D'un bout à l'autre de votre existence ne laissez donc pas passer le temps en vain, même pour un moment."
Citation n° 1681 : Dogen , (1200-1253)
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Le texte souligné me semble être la clef  - par antiphrase - de la compréhension/réalisation de l'éveil des êtres sensibles dont la tendance naturelle, par crainte de l'inconnu, vise à la durée et la fixité. Cette réaction instinctive pour naturelle qu'elle soit n'en est pas moins dommageable en ce qu'elle occulte sciemment les modifications incessantes que chacun peut par ailleurs constater quotidiennement en les figeant dans une vérité paradigmatique. Cette fixité à la base de mythologies multiples et de religions supposées révélées ne permet pas par la force du dogme et la facilité grégaire, d’expérimenter  concrètement les multiples changements qui caractérisent l'esprit, la conscience, les relations mondaines et, par voie de contagion sémantique et pratique, voile l'impermanence.

Cependant, l'expérience, l'analyse, le simple bon sens et la pratique de zazen démontrent que tant la nature de la matière que la malléabilité de l'esprit sont avérées et qu'en conséquence leur apparition/disparition est la règle de base par laquelle la mort va pouvoir être abordée, sans crainte ni fantasme. EPICURE dans son Tétrapharmacon soutient "qu'il n'y a rien à craindre de la mort" dans la mesure où lorsqu'elle est là c'est nous qui n'y sommes pas et tant que nous y sommes c’est elle qui n’y est pas. Ce faisant il oppose dialectiquement deux états d'être que le bouddhisme récuse dans la mesure  où l'apparition/disparition par ailleurs assimilables dans le Shobogenzo à la non-naissance et à la non-mort ne sont aucunement une naissance radicalement nouvelle et la mort  une disparition totale et irrémédiable.

C'est la raison pour laquelle ce qui importe n'est certes pas de considérer "la mort pensée après pensée" - bien qu'elle garde toute sa pertinence - mais seulement de l’entendre en tant que perte d'une identité factice construite à partir et sur la fixité dénoncée plus haut que l'homme ordinaire nomme précisément naissance et mort.

Pour que le "système" fonctionne encore faut-il se demander à quelle image de soi cette représentation s'identifie t-elle ? Représente t-elle un stade évolutif supposé provenir d’une source transcendante ? Est-elle une manifestation magnifiée d’un antropomorphisme exacerbé ?

Les réponses sont multiples en fonction des « a-priori » vécus plus  ou moins consciemment mais résultent toutes d’une identification à une série de constructions mentales supposées rendre compte du Réel à partir des sensations/perceptions (skandas) qui deviennent alors des principes dans la mesure où elles conviennent à ceux qui les expriment. C’est seulement, lorsqu’expérimentalement, leur inefficacité est avérée, que se démontre « de facto » l’erreur de perspective dans laquelle elles nous conduisaient et impliquent d’en changer.

Le corps et l'esprit tant vantés par les philosophes cartésiens seraient-ils susceptibles d'erreur ? Oui s'ils sont conçus en tant qu'entités séparées, Non si leur unité est spécifiée par une pratique où en tant que tels il se fondent dans une fonctionnalité impersonnelle où les particularismes disparaissent pour laisser advenir le Réel que nous nommons : Nature propre.

Le pas est ainsi franchi. Jusqu'alors l'homme se concevait comme distinct, créé à l'image d'une entité toute puissante et doté d'un libre arbitre afin de ne pas occulter la perfection supposée de ladite entité. Ce qui précède tente de montrer les limites d'une telle conception séparative en ce qu'elle fige le Réel dans sa diversité - présentée comme création divine et transcendante - alors que, selon DOGEN, c'est la diversité du réel existant qui nous atteste par l'oubli de soi-même que préconise la voie du bouddha.

Ainsi le concept même de mort perd sa charge négative, dans la mesure où la personne en tant que personne isolée "disparait" pour se fondre dans une totalité que les physiciens quantiques nomment "vide quantique" et que j'assimile à notre Nature Propre . En fait ce vide est plein de potentialités à réaliser - à l'instar de la Nature Propre - à condition que la mort envisagée dans la phrase citée en début d'article soit comprise et admise pour ce qu'elle est, un renvoi à l'impermanence et à l'inter-dépendance liée à l'Usage que nous faisons de nos capacités humaines au sens de la lettre sur l'Humanisme de Martin HEIDEGGER et du Surhomme de Frédrich NIETZSCHE (Uber Mensch - au delà de l'Homme)

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